Devenir maman à 38 ans : mes peurs, mes doutes et mon déclic



J’ai toujours su que je voulais être maman. Pourtant, ce n’est qu'à 37 ans que je me suis sentie prête à le devenir. On parle souvent de déclic dans ces moments-là… Mais peut-on vraiment parler de déclic quand ce désir existe depuis toujours ? Ou était-ce simplement le temps qu’il me fallait pour accueillir cette nouvelle vie ? Quoi qu’il en soit, j’ai eu un temps de réflexion d'environ deux ans avant de vouloir lancer le projet bébé. Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous mes peurs, mon ressenti avant de me sentir prête à devenir maman et mon déclic.


Devenir maman à 38 ans : mes peurs, mes doutes et mon déclic



Chaque femme est unique, et son parcours vers la parentalité l’est tout autant. On ne vit pas toutes la même approche de la parentalité. L'essentiel est, je pense, d'être allignée avec ses envies, peu importe l'âge et peu importe aussi l'avis de l'entourage. (De toutes manières, les gens auront toujours quelque chose à dire...)  

J'ai pour ma part eu de la chance: mon entourage proche n'a jamais été insistant sur le sujet. En revanche, je dois bien admettre que la Société a fait que je me suis posée des questions sur mon désir d'enfant, sur pourquoi passé 35 ans je n'en avais pas encore, ce qui me bloquait et m'empêchait de réaliser ce projet de vie, que je désirais pourtant.





J'avais peur de ne pas aimer être enceinte.


J’avais d’abord peur de ne pas aimer être enceinte, dans tout ce que cela représente. Je voulais profondément vivre cette expérience mais j’appréhendais les nouvelles sensations dans mon corps, la fatigue, le fait d’être physiquement diminuée, moi qui ai du mal à rester en place en temps normal... Je m’imaginais une multitude de rendez-vous médicaux, tous plus contraignants les uns que les autres…

Mais la réalité a été tout autre. 

J’ai adoré être enceinte, et c'est l'une des plus belles expériences de ma vie, si ce n'est la plus belle.


Malgré les divers maux qui se sont succédés trimestre après trimestre, et qui n’étaient pas toujours faciles à vivre, j’ai adoré porter la vie. Je m’en rends encore plus compte aujourd’hui, maintenant que ma fille a 13 mois, bien qu'enceinte je mesurais déjà la chance que j’avais de vivre ça; cette grossesse était profondément attendue.


J’ai adoré la sentir bouger, se retourner, découvrir peu à peu sa présence au fil des mois. Et finalement, plus j’avais de rendez-vous médicaux, mieux c’était ! 


Je pense aussi que le fait d’avoir été bien entourée par l'équipe de sages femmes pendant ma grossesse m’a énormément aidée. J’étais assez anxieuse à l’idée qu’il puisse arriver quelque chose à mon bébé, alors chaque rendez-vous me rassurait un peu plus.

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La peur de ne pas être prête financièrement pour un bébé

Je me demandais si j’allais pouvoir lui offrir tout ce dont il aurait besoin. Ce sont malheureusement encore des inquiétudes aujourd’hui, et je ne sais pas si elles disparaîtront un jour… Mais j’aime me dire que la parentalité ne se construit pas seulement avec de l’argent, mais surtout avec beaucoup d’amour et de présence.

Cela dit, je reste aussi lucide; ce ne sont pas uniquement l’amour et la présence qui nourrissent et habillent un enfant, et qu’il faut continuer à travailler. Ce n’est pas le sujet de cet article, mais je trouve qu’on met énormément de pression sur les femmes lorsqu’elles deviennent mères : avoir des enfants oui, tout en continuant à mener sa vie professionnelle comme si rien n’avait changé.


Et avec le recul, je me dis que si j’avais su que je recevrais certaines remarques pas toujours bienveillantes pendant ma grossesse, cela m’aurait probablement encore plus angoissée.


Avant de devenir maman, j’avais besoin de me sentir pleinement adulte


Pour moi la maternité ne pouvait commencer qu'après une chose : me sentir adulte. C'est peut-être bête à dire, ou alors c'est le souci de ma génération (hello les milléniaux!) mais j'ai eu beaucoup de mal à me sentir pleinement adulte avant longtemps. 

Accueillir un enfant bouleverse forcément le quotidien. Je savais que mon rythme de vie allait changer, tout comme mes habitudes, et j’étais totalement en accord avec ça. Mais avant de me lancer dans le projet bébé, j’avais besoin d’accomplir certaines choses, comme pour me dire : "Ça y est, je peux passer à l’étape suivante. "

Avec le recul, j’ai compris que ce besoin de me sentir pleinement adulte résonnait peut-être avec quelque chose de plus profond : rassurer ma "petite fille intérieure".


J'ai récemment appris qu'en psychologie on parle "d'enfant intérieur" pour désigner cette part de nous qui continue de chercher la sécurité, le réconfort ou une forme de validation, même à l'âge adulte. 

Sincèrement, tout ceci résonnait beaucoup en moi, et sans m'en rendre vraiment compte j'ai fait un travail sur moi pendant deux ans, avant de me sentir prête à prendre soin d’un enfant à mon tour.


Les remarques sur l’âge et la maternité qui m’ont blessées

"Tic, Tac, l'horloge tourne" ... quand on entend ça à 33 ans, ça laisse des marques. Ou encore de la part de mon médecin généraliste de l'époque "c'est mon devoir de vous alerter, pour ne pas que vous regrettiez plus tard..."  Je me disais, et si les gens avaient raisons.... je suis peut-être bientôt "périmée", ou "je vais avoir le plus grand mal à concevoir, voire ne pas y arriver du tout... "

Même si je ne prenais pas à coeur toutes ces remarques, et que j'avais bon espoir que ça marche rapidement,  elles sont restées dans un coin de ma tête.

Aussi, je me souviens d’une photo de groupe publiée sur les réseaux quelques années plus tôt. Une personne avait commenté que tout le monde avait changé, sauf moi, que c'était "l'effet sans enfant". Ce n’était pas une remarque méchante, mais elle avait réveillé quelque chose en moi. À cette période, tout ce qui me renvoyait au fait de ne pas être encore maman me touchait beaucoup.

A ce moment là le désir d'enfant a commencé à se faire sentir, j'y pensais tous les jours, mais je n'en parlais à personne.

Quand le désir d'enfant s'invite dans tous les moments de la vie


Et puis, ces dernières années, les fêtes de Noël, mes anniversaires ou encore la fête des mères avaient parfois un goût amer. Comme si chaque année qui passait me rappelait que je n’étais toujours pas maman. C'était impossible pour moi de ne pas penser à cette place de maman qui n’était pas encore la mienne, et ça me rendait triste.

Quand le désir d’enfant devient impossible à ignorer


J'ai alors commencé secrètement à jalouser des mères, de parfaites inconnues, que je voyais enceinte, ou avec une poussette. Je ne pouvais m'empecher de penser "pourquoi pas moi?" J'enviais mes amies mamans qui vivaient différentes étapes avec leurs bébés. Par exemple, j'ai pleuré suite à l'annonce de la grossesse d'une amie, et lorsque j'ai appris qu'une ancienne collègue de travail attendait son 2ème j'ai dessuite pensé : comment ça son deuxième, et moi je n'ai même pas encore d'enfant!... c'est injuste.

Quand certaines femmes annonçaient leur grossesse, je m'interrogeais sur leur âge; comme pour me rassurer que j'avais encore le temps. 

J’essayais de ne pas me comparer aux autres, ni de prendre à cœur les remarques sur mon âge ou ma situation, mais malgré moi, le désir d’enfant prenait de plus en plus de place.

Avec le recul, je crois que c’était ça, mon déclic.




Un jour j'ai été prête, et je suis tombée enceinte! Je mesure chaque jour la chance que cela représente, et je sais que ce parcours est loin d’être aussi simple pour beaucoup de femmes. 

Pour finir, je dirais qu'avec le recul, je sais aujourd’hui que chaque femme avance à son propre rythme, et qu’il n’existe pas d’âge parfait pour devenir mère. Pourtant, il m’arrive parfois de ressentir une forme de culpabilité en me disant que ma fille aurait peut-être mérité une version plus jeune de moi.


Mais en même temps, je sais que je n’aurais probablement pas été prête avant. Tout ce cheminement m’a permis de devenir la mère que je suis aujourd’hui. Et finalement,  je sais que ma fille est arrivée au moment où j’étais enfin capable de l’accueillir pleinement.












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